Faut-il avoir peur de la flexibilité du travail ?

Tribune par Anne Albert-Cromarias.

Les ordonnances réformant le Code du travail ont réveillé les passions sur la flexibilité du travail. Cette pratique recouvre pourtant plusieurs réalités, parfois bénéfiques aux salariés.

Edouard Philippe a indiqué que la réforme du droit du travail présentée fin août visait à apporter « souplesse », « sécurité » et « simplicité » aux salariés et aux entreprises. Des termes qui font écho à la notion de flexibilité du marché du travail, honnie par (certains) syndicats et une partie de l’opinion.

La flexibilité est souvent appréhendée dans une vision simpliste qui en fait la cause de tous nos malheurs tels que le chômage de masse et la montée de la précarité. S’il est normal d’être inquiet quand le taux de chômage flirte avec les 10 % au sens de l’Insee, il convient néanmoins de ne pas s’arrêter à l’arbre qui cache la forêt.

Le salariat, une norme d’emploi très récente

Pour mieux comprendre les débats liés à la flexicurité, rappelons que la notion même de travail a constamment évolué. C’est en effet seulement au cours du siècle dernier que le salariat s’est progressivement érigé comme norme d’emploi, en particulier grâce à la croissance économique sans précédent enregistrée pendant les Trente Glorieuses… c’est-à-dire très récemment.

Cette spirale vertueuse (croissance économique, quasi plein-emploi, développement du droit du travail et de la protection sociale) a été brisée par le choc pétrolier de 1973. L’apparition du chômage de masse et l’inefficacité des politiques de l’emploi ont instillé le doute dans une société française largement imprégnée des avantages du plein emploi, en lui associant une norme contractuelle : le CDI.

Pour consulter l’article en intégralité : Les Echos

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