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Le CER-ESC

Un
ancrage fondateur et durable dans la socio-économie
des ressources humaines
La spécificité des travaux
de recherche scientifique produits par l’ESC Clermont
réside depuis la fondation du Centre d’Etudes
et de Recherches (CER) en 1985, dans un ancrage fort
au carrefour de la gestion des ressources humaines, du
comportement organisationnel, de la sociologie de l’entreprise
et de la socio-économie du travail et de l’emploi.
Celui-ci n’a fait que se renforcer avec l’implantation
en 1992 au sein du CER-ESC d’un laboratoire associé au
Céreq (Centre Régional Associé au
Centre d’études et de Recherches sur les
Qualifications), le CRA-Céreq Clermont.
Depuis ses premiers travaux portant
sur les modèles de gestion des entreprises dans
les systèmes productifs localisés et l’évolution
des emplois et des qualifications dans les entreprises
d’Auvergne (années 80), le Centre d’Etudes
et de Recherches du Groupe ESC Clermont s’inscrit
dans la longue lignée d’inspiration institutionnaliste
des marchés du travail. Dans cette conception,
les pratiques de gestion des ressources humaines dans
les entreprises sont analysées de façon
non normative comme des constructions sociales qui ne
relèvent pas exclusivement de la régulation
marchande mais de conventions et de normes socioculturelles.
Plus généralement, son programme de recherche
relèverait d’une socio-économie des
ressources humaines et des marchés du travail.
C’est ainsi qu’à partir
des années quatre-vingts, quatre champs d’investigation
ont été successivement ou simultanément
traités :
-
Celui des PME/PE et TPE,
abordé surtout sous l’angle de la gestion
d’emploi, de la formation et des formes de
mobilisation de la main-d’œuvre. Les travaux
de recherche ont porté, soit sur des terrains
empiriques au niveau territorial à travers
l’étude de branches ou de chaînes
de valeur particulières (agro-alimentaire,
BTP, transports routiers, filière bois…)
voire à partir d’approches intersectorielles
(commerce de détail, hôtellerie-restauration,
artisanat, industrie et services), soit sur la réalisation
de vastes survey d’ampleur nationale (pour
le compte de la Direction de l’Animation de
la Recherche, des Etudes et des statistiques du Ministère
du Travail) voire comparative à l’échelle
européenne (travaux pour le CEDEFOP). Ces
travaux ont été régulièrement
ponctués par des publications de synthèse
qui renforcent l’approche configurationnelle
des TPE/PE/PME, déjà issue des enquêtes
qualitatives réalisées pour le compte
du Céreq (Bentabet, Michun, Trouvé,
1999) et validée par des enquêtes quantitatives
ultérieures. En même temps, « l’alignement » entre
les stratégies marchandes, les formes d’organisation
et les pratiques de gestion des ressources humaines
constitue l’hypothèse générique
de cet ensemble.
Dans ce même champ des PME/PE/TPE, les points d’entrée
des formes de mobilisation de la main-d’œuvre se diversifient à partir
de 2003 et incluent désormais l’approche des conflits et de
la régulation sociale (Arnaud, Calveyrac et al., 2003), de l’innovation
globale (Divry, Trouvé, 2004) ou en GRH (Trouvé, 2004-a ;
Bernon, Grillet et al., 2006 ; Trouvé, Bernon et al., 2007), de
la gestion des âges (Courault, Bargues, Trouvé, 2004, 2005),
de l’usage des aides de l’Etat (Letowski, Trouvé, 2004)
ou de l’accompagnement des organismes d’intermédiation
(in Bentabet, Théry eds, 2005) ainsi que des processus de socialisation à l’égard
des nouveaux embauchés dans les PE (Bargues, 2006).
-
Une autre série de travaux
s’étalant sur plus d’une dizaine
d’années ont porté sur l’évolution
des identités professionnelles des catégories
intermédiaires d’encadrement,
d’abord chez les contremaîtres d’industrie
dans la sphère française et européenne
(Trouvé, 1997), puis dans l’encadrement
de proximité d’une multiplicité de
secteurs, du point de vue des trajectoires individuelles,
des marchés du travail et de la construction
de nouveaux espaces professionnels structurés
par la transformation rapide des organisations (Trouvé,
1998). Ces travaux sont actuellement en cours de
relance grâce aux investigations sur les professions
intermédiaires dans le « groupe Entreprise » du
Céreq.
-
L’analyse des
réseaux sociaux dans le management des transitions interorganisationnelles s’inscrit
délibérément dans la perspective
socio-économique d’un encastrement
social des marchés du travail et plus
précisément dans le champ des
rapports entre capital social et efficience
organisationnelle. Ces travaux se déploient
aujourd’hui dans deux directions : capital
social et transitions écoles-entreprises,
réseaux sociaux et management des activités à projet.
Sur le premier point, on s’efforce de
montrer le rôle du capital social – interprété en
termes de ressources relationnelles collectivement
construites – dans l’efficience
des organisations éducatives (Lecoutre
2004, 2006). Cette approche interroge la capacité même
du système éducatif à constituer
une ressource clé dans les transitions
formation-emploi sur le marché du travail.
Dans le registre des activités à projet, émerge
une analyse critique des notions de liens forts/liens
faibles inspirées de M. Granovetter
pour statuer sur le réel potentiel coopératif
d’une relation sociale (Lecoutre, Lièvre
2005 ; Lièvre, Lecoutre 2006). A moyen
terme, les activités des chercheurs
devraient être consacrées à l’approfondissement
et à la valorisation des travaux dans
les deux directions précédentes.
De même la structuration d’une
petite communauté de recherche devrait être
poursuivie autour du thème Management
et réseaux sociaux née en 2005 à l’EM
Lyon, notamment par l’organisation à l’ESC
Clermont de la seconde édition de la
journée AIMS/AGRH en novembre 2007.
-
La régulation sociale
des processus de flexibilisation prolongeant
des travaux réalisés dès la
fin des années 80 et le début des
années 90 sur les stratégies de flexibilité,
tant du point de vue empirique dans les entreprises
de la région Auvergne que d’un point
de vue plus théorique en interrogeant les
spécificités du modèle français
de la flexibilisation productive (Trouvé,
1989), le CER-ESC a effectué de 2001 à 2003
une série de trois enquêtes comparatives
pour le compte du Comité d’Entreprise
Européen d’un grand groupe industriel
français, sur les formes d’adaptation
des salariés de cinq sites européens
(D, E, F, I, UK) face à la flexibilisation
actuelle de leurs conditions de travail. En se
concentrant sur le point de vue des salariés,
parallèlement à la stratégie
d’entreprise et aux négociations entre
les partenaires sociaux, l’hypothèse
d’un tel travail, dont l’exploitation
se poursuit aujourd’hui grâce l’ampleur
des matériaux quantitatifs et qualitatifs
recueillis, consisterait à vérifier
que l’effort de flexibilité demandé à la
main-d’œuvre est actuellement en partie « amorti » dans
la sphère domestique et la reconfiguration
des activités et temporalités hors
du travail. D’une certaine façon,
les contributions récentes du CER-ESC à une
vaste recherche commanditée par le Ministère
de l’Emploi sur « l’anticipation
et l’accompagnement social des restructurations » (2005-2007)
s’inscrit dans cet axe d’investigation.
Tout en conservant ce pôle d’excellence
en Socio-Economie des Ressources Humaines, un effort
tout particulier a été réalisé depuis
2002 pour l’animation et la diffusion des pratiques
de recherche dans toutes les disciplines de la gestion
et du management. C’est pourquoi, à partir
de cette période, une série de dispositifs à l’échelle
de l’établissement ont été mis
en place pour une véritable institutionnalisation
de la recherche à l’ESC Clermont.
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