La régulation sociale
des processus de flexibilisation prolongeant
des travaux réalisés dès la
fin des années 80 et le début des
années 90 sur les stratégies de flexibilité,
tant du point de vue empirique dans les entreprises
de la région Auvergne que d’un point
de vue plus théorique en interrogeant les
spécificités du modèle français
de la flexibilisation productive (Trouvé,
1989), le CER-ESC a effectué de 2001 à 2003
une série de trois enquêtes comparatives
pour le compte du Comité d’Entreprise
Européen d’un grand groupe industriel
français, sur les formes d’adaptation
des salariés de cinq sites européens
(D, E, F, I, UK) face à la flexibilisation
actuelle de leurs conditions de travail. En se
concentrant sur le point de vue des salariés,
parallèlement à la stratégie
d’entreprise et aux négociations entre
les partenaires sociaux, l’hypothèse
d’un tel travail, dont l’exploitation
se poursuit aujourd’hui grâce l’ampleur
des matériaux quantitatifs et qualitatifs
recueillis, consisterait à vérifier
que l’effort de flexibilité demandé à la
main-d’œuvre est actuellement en partie « amorti » dans
la sphère domestique et la reconfiguration
des activités et temporalités hors
du travail. D’une certaine façon,
les contributions récentes du CER-ESC à une
vaste recherche commanditée par le Ministère
de l’Emploi sur « l’anticipation
et l’accompagnement social des restructurations » (2005-2007)
s’inscrit dans cet axe d’investigation.