Quand Business Intelligence et réchauffement climatique ne font pas bon ménage : le paradoxe de la grenouille

Tribune par Sébastien DOUAILLAT.

Les données sont le pétrole de demain, mais contrairement au pétrole, si elles sont exploitées correctement, nous avons encore une chance de pouvoir contribuer positivement à l’évolution climatique de notre planète.

On dit souvent que rien n’est pire que de prendre une décision sans se baser sur des données fiables. Mais en réalité si, il y a pire, c’est d’avoir des faits avérés sur lesquels s’appuyer, et de ne pas prendre les bonnes décisions en conséquence.

Le changement climatique, une fatalité ?

Un exemple récent concerne les ouragans successifs qui ont touché les Antilles (Irma, José, Maria). La quasi-totalité de la communauté scientifique compétente sur ce sujet s’accorde à dire que ces phénomènes extrêmes, de plus en plus fréquents et intenses, sont une conséquence directe du réchauffement climatique (voir par exemple les rapports GIEC et NCEP ). L’analyse des données associées devrait nous conduire à prendre les décisions adéquates, principe même de la Business Intelligence utilisée depuis de nombreuses années dans le monde de l’entreprise.

Lors d’un déplacement professionnel aux États-Unis en 2011 (il y a donc plus de six ans), j’ai été témoin d’une situation exceptionnelle qui déjà à l’époque aurait dû alerter nos dirigeants. Je suis resté bloqué dans mon hôtel new-yorkais durant deux jours par l’ouragan Irene. J’ai vu les rues d’habitude bondées de Manhattan désespérément vides en plein jour, avec les vitrines des magasins barricadées dans l’optique d’une inondation massive : le temple mondial de la consommation à l’arrêt complet !

Et on peut multiplier les exemples sur le fait que l’action humaine entraîne des phénomènes climatiques qui n’existaient pas auparavant, ou du moins pas aussi souvent et pas aussi violemment. D’ailleurs, les données que l’on collecte depuis des décennies sur l’augmentation de la température moyenne notamment (voir ce dashboard interactif assez parlant), ne devraient-elles pas provoquer une réaction de la part des responsables politiques, qui ont tous la protection de l’environnement chevillée au corps en période électorale ? Pourtant force est de constater que rien ne change, rien n’est fait pour aller dans le bon sens. Aucune (bonne) décision n’est prise pour inverser la tendance.

Pour consulter l’article en intégralité : Les Echos

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