Ce qui s’est dit à la 1ère conférence Passion Sport

La 1e conférence Passion Sport qui s’est tenue le 26 avril dernier avait pour thème « Sport, formation, reconversion ». Elle a donné lieu à des échanges nourris entre les différents témoins et nous vous invitons ici à consulter un résumé de leurs interventions.

En introduction Françoise Roudier, directeur général du Groupe ESC Clermont, a rappelé la fierté qui était la nôtre d’avoir ouvert cette filière cette année et d’en voir, déjà, les premières retombées. Et d’expliquer qu’elle constituera, à terme, un cursus complet du Bachelor au Master et MSc.


Les sportifs ont une forme d’intelligence remarquable

Eric de Cromières, Président de l’ASM Clermont Auvergne, a pour sa part expliqué que l’ASM Omnisports est une structure historiquement responsable ; qui a toujours eu le double projet du développement sportif ET intellectuel. Selon lui, alors que le monde a évolué, ce besoin est d’autant plus fort aujourd’hui : d’une part en préparant la reconversion des sportifs et de l’autre en intensifiant les relations de l’ASM avec le monde des entreprises. Pour lui les sportifs ont « une forme d’intelligence remarquable et ont tout simplement les mêmes capacités que ceux qui auront pris une trajectoire académique ». Ils sont donc bien outillés pour la reconversion et mener une seconde vie professionnelle, ni plus ni moins.

Jean-Paul Karaquillo, ancien sportif juriste et cofondateur du Centre de Droit et d’Economie du Sport, a rebondi en parlant du complexe qu’ont les sportifs par rapport aux intellectuels, tout en affirmant qu’ils n’ont « strictement rien à leur envier ». Lui-même n’a pas fait d’études en parallèle à sa carrière sportive en étant jeune pour finir agrégé en droit. L’expérience que les sportifs de haut-niveau ont de la vie est, pour lui, « bien plus importante et leur donne certains atouts dans le monde professionnel » tels qu’une motivation hors-norme et une grande adaptabilité. Malgré cela il va dans le même sens qu’Eric de Cromières : avec le temps le contexte est devenu plus difficile et il est plus que jamais nécessaire d’être armé en termes de formation avant la fin de sa carrière sportive.
Il appelle les sportifs à bien prendre conscience que « l’identité sociale acquise pendant leur carrière sportive se perd systématiquement après celle-ci » et nécessite de se ré-inventer, tout en sachant que les entreprises ne viendront pas forcément les chercher. Pour cela ils doivent s’appuyer sur leurs « qualités extra-sportives »…

La formation est un garde-fou

Jean-Marc Lhermet, Directeur du développement et Vice Président de l’ASM, a rappelé pour sa part que le cadre évolue avec maintenant certaines obligations en termes de formation pour les sportifs : cela est bien normal et c’est aussi un véritable garde-fou, « pour les responsabiliser et éviter les dérives en termes de comportement ». Il parle là d’éthique et il en va de la responsabilité du club. Il ajoute que « la seconde vie professionnelle peut être aussi passionnante que la première ». C’est même un avantage concurrentiel pour un club que d’anticiper et accompagner les joueurs en fin de carrière car, en les rassurant, « cela évite le doute et leur permet de rester performant, voire même de retarder la fin de leur carrière sportive ». Pour cela, il faut des actions concrètes et pas seulement des mots.


Pascal Gastien, Entraîneur du Clermont Foot, abonde aussi dans ce sens pour son sport et confirme que ce mouvement de fond autour de l’accompagnement pour la reconversion gagne en puissance depuis les années 90.


Guillaume Vizade, Entraîneur du JA Vichy-Clermont Métropole, pour sa part parle des spécificités des contrats pour les basketteurs qui est problématique pour leur accompagnement dans le temps. Pour lui « la reconversion commence dès le début de la carrière sportive et se construit dans le temps, par briques ».

Jean-Paul Karaquillo parle alors de la problématique des joueurs qui vivent en autarcie et qui « n’ont pas de vision sur la société dans son ensemble, ce sont eux qui ont les fins de carrière les plus compliquées ». Pour lui on a observé une certaine régression avec la professionnalisation du sport. Avant les joueurs étaient à la fois dans l’entreprise pour subvenir à leurs besoins et dans le club pour le sport, ce qui n’est plus le cas avec la professionnalisation du sport. Et de parler salaires, puisque « passer à un revenu de cadre moyen est pour nombre d’entre eux inconcevable » et ils estiment qu’ils sont alors « dévalorisés alors que c’est simplement la réalité du marché du travail » ! Il y a là un gros travail à faire.

Les clubs et les coachs sont devenus socialement responsables

Jean-Marc Lhermet revient sur le fait que l’on n’est plus dans une approche cosmétique de la formation et qu’à présent de vrai dispositif sont mis en place. Et quand bien même certains clubs ne joueraient pas le jeu, ils y perdront forcément, indirectement. Pour lui la mission aujourd’hui est de conjuguer « performance et responsabilité sociale ».
Pascal Gastien abonde dans son sens : « ce doit être une obligation ». Adam Roussy, animateur de la table ronde et directeur du développement de Airsoft, se fait alors l’avocat du diable en parlant de ces jeunes qui estiment que « le temps passé à étudier est du temps en moins à consacrer à leur sport et ça minimise leurs chances de réussite ».
Jean-Marc Lhermet répond que « si un coach ne comprend pas l’intérêt de mener en parallèle formation et entraînement, de toutes manières ça ne marchera pas ». Pascal Gastien reprend en disant en disant que « faire 8h de sport par jour ne rend pas nécessairement plus performant, qu’il faut toujours s’évader et faire autre chose à côté pour être un meilleur sportif ». Mais, encore une fois, ce n’est pas facile à comprendre…
Jean-Paul Karaquillo acquiesce et parle de l’exemple d’un champion olympique qui lui a expliqué un jour à quel point « faire des études l’avait sorti du stress du sport et l’avait aidé à devenir un champion ». Mais il souligne que la reprise d’études est difficile « s’il n’y a pas un minimum de diplôme et formation initiale ». L’état d’esprit doit changer pour remédier à ces situations. Et l’entraîneur est important dans ce système, « il ne doit pas monopoliser le sportif 24 heures sur 24 ».

La solution est dans l’adaptation, l’agilité et l’accompagnement

Jean-Marc Lhermet explique que pour sa part il recherche la situation idéale pour chaque jeune qui alterne vie scolaire ou études par le biais d’aménagements hebdomadaires, pour « s’entraîner et s’épanouir ». Il mentionne notamment l’importance des activités culturelles, la pratique de la musique par exemple. Mais « le club seul ne peut pas tout », les structures de formation doivent aussi aménager leurs horaires et suivre les jeunes de près, à l’instar de ce que fait l’ESC Clermont dans sa filière Passion Sport. Suivent alors les témoignages de Damien Chouly, Charly Trussardi et Pierre Tournebize qui expliqueront la manière dont l’aménagement de leur parcours d’études est une condition sine qua none à leur réussite.


Anne Pats, Responsable de la filière Passion Sport, conclut en parlant du besoin, aussi, de « collaboration étroite avec les entreprises pour former un trio gagnant » et qu’elles peuvent se saisir de l’alternance pour cela. A bons entendeurs…
Jean-Paul Karaquillo conclura, pour sa part, que faire du sport n’est pas encore valorisé dans le monde des études mais que, dans le même temps, les sportifs doivent « cesser de s’autoflageller ». A bons entendeurs, une nouvelle fois !

Avec un grand remerciement aux participants et partenaires de la conférence : l’ASM Clermont Auvergne et le Crédit Agricole Centre France.

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