Cédrine Zumbo-Lebrument, enseignante-chercheur au Groupe ESC Clermont, distinguée par le 1er prix de thèse AIRMAP 2017

Créée en septembre 2010, l’Association Internationale de Recherche en Management Public (AIRMAP) a pour objet de favoriser la valorisation des recherches, les échanges entre chercheurs ainsi qu’entre chercheurs et praticiens. Elle travaille aussi à la diffusion des connaissances élaborées dans le domaine du management public et à la structuration de la recherche autour de publications reconnues par la communauté scientifique. C’est, enfin, une communauté des chercheurs en management public.

Cédrine Zumbo-Lebrument Groupe ESC Clermont

C’est, dans ce cadre-là, que l’association a créé un prix qui récompense chaque année une thèse, depuis 2014, avec publication dans la collection Management Public chez L’Harmattan à la clé.

Cette année le prix de thèse a donc été décerné à Cédrine Zumbo-Lebrument – enseignant-chercheur permanent du Groupe ESC Clermont pour sa thèse soutenue, à l’université Paris Nanterre, en novembre 2017 – par un jury de 15 professeurs et maîtres de conférence. Son sujet était : “La participation des parties prenantes à la démarche de marketing territorial : le cas de la marque Auvergne Nouveau Monde”, réalisé sous la direction des Professeurs Pierre FENIES (CEROS) et Eric DACHEUX (COMSOS).


2 questions à Cédrine Zumbo-Lebrument

Pourquoi ce prix et qu’est-ce qu’il apporte ?

A l’issue de ma soutenance de thèse de doctorat le 14 novembre dernier, les membres de mon jury de thèse m’ont incité à présenter mon travail doctoral à différents prix de thèse, et, en premier lieu, au prix de thèse AIRMAP. Alors, le 31 mai dernier, lors du colloque annuel AIRMAP qui se déroulait à Biarritz, j’ai eu l’honneur de recevoir le 1er prix de thèse AIRMAP 2017 pour mon travail de doctorat. Ce prix vient récompenser quatre années de travail en thèse CIFRE. Je ne m’y attendais pas car 15 autres thèses étaient en lice pour le prix de thèse : chacune a été évaluée par deux enseignants-chercheurs, puis les évaluations ont fait l’objet d’une discussion collective. Le jury était composé de 15 enseignants-chercheurs, tous membres de la communauté des chercheurs en management public de l’AIRMAP. En plus de l’importance de cette reconnaissance par la communauté des chercheurs en management public, ce prix me permet de pouvoir faire éditer ma thèse aux Éditions L’Harmattan et, ainsi, de la rendre accessible au plus grand nombre.

On parle de plus en plus de l’importance de la vulgarisation scientifique, quel est ton point de vue sur la question ?

C’est effectivement une préoccupation d’actualité et à juste titre. Qu’est-ce que la vulgarisation scientifique ? D’un point de vue définitionnel, c’est, comme nous l’explique le Larousse, « le fait d’adapter un ensemble de connaissances techniques, scientifiques, de manière à les rendre accessibles à un lecteur non-spécialiste » (Larousse). Dans les faits, la vulgarisation scientifique doit donc permettre de présenter un contenu en tenant compte de deux buts associés pouvant être en tension : d’une part, rendre ce contenu accessible, et, d’autre part, ne diffuser ce contenu que s’il est scientifiquement robuste et fiable.

D’ailleurs, en ce sens, j’ai bien aimé lire l’ouvrage de Nicolas Beck En finir avec les idées reçues sur la vulgarisation scientifique qui s’attelle à énumérer et réfléchir sur les réticences et les incompréhensions de certains scientifiques pensant ne pas avoir un rôle à jouer dans ce type d’exercice.

Alors, est-ce qu’il faut travailler à vulgariser ses recherches ? Personnellement, je trouve qu’il est important de partager ses recherches, d’éviter de les laisser “enfermées” entre les murs de son laboratoire ou dans des revues académiques.

Ce n’est pas toujours très simple, mais je trouve que l’exercice est très bénéfique. Cela nous permet de nous adapter à un public qui n’est pas spécialiste de notre domaine de recherche.

Les outils du web, les réseaux sociaux numériques et, plus particulièrement, YouTube ou Twitter, peuvent être des plateformes pouvant se révéler être de bons outils au service de la vulgarisation scientifique. Cette vulgarisation est d’autant plus importante que l’on entend fréquemment dire que la recherche en sciences de gestion n’a pas ou peu d’influence sociétale réelle : la vulgarisation scientifique des recherches en management est, à mon sens, un bon moyen pour démontrer et mettre en œuvre son influence sociétale.

En ce sens, la vulgarisation scientifique est porteuse d’enjeux politiques forts où se jouent la place et la reconnaissance des sciences de gestion dans notre société.

A ce propos, vous pouvez retrouver le live-tweet que Cédrine a effectué cette année sur le compte Twitter de En direct du labo, pour expliquer son travail et quotidien d’enseignant-chercheur

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