L’alternance, un levier de recrutement fort pour les entreprises

Les entreprises font aujourd’hui face à trois grands enjeux quand on aborde la question du recrutement : le coût de l’emploi, un certain retard sur les questions numériques à pallier (avec de nouvelles compétences à intégrer) et l’arrivée d’une nouvelle génération de diplômés avec une culture et des attentes qui évoluent (les fameux « millennials »). L’alternance dans l’enseignement supérieur a le triple bénéfice d’apporter une réponse à chacune de ces problématiques.

Alternance Groupe ESC Clermont

Côté coût, dans le détail, l’alternance correspond en réalité à deux types de contrats de travail distincts qui permettent de débloquer des aides : le contrat d’apprentissage et le contrat de professionnalisation.


Le contrat d’apprentissage

Il s’agit probablement aujourd’hui du contrat le plus répandu quand on fait référence à l’alternance. Il permet d’employer des étudiants du Bachelor (bac +3) et Master (bac +5) tout en faisant bénéficier l’entreprise :

  • d’une exonération des charges sociales et des cotisations salariales d’assurance chômage qui est variable en fonction de l’effectif de l’entreprise.
  • d’une prime en fonction de sa taille et sa localisation : si l’entreprise compte moins de onze salariés, une prime de mille euros minimum par année de formation est versée par votre Région.
  • d’une exonération de taxe d’apprentissage (sous conditions) pour les entreprises ayant une masse salariale ne dépassant pas 6 fois le smic annuel et employant un apprenti. Les entreprises de plus de 250 salariés, tous établissements confondus, redevables de la taxe d’apprentissage, qui emploient plus de 5 % de jeunes en apprentissage, dans la limite de 7 % d’alternants, peuvent bénéficier d’une créance à déduire du hors quota de la taxe d’apprentissage (TA).
  • pour l’embauche d’un apprenti avec un handicap, l’AGEFIPH peut en outre accorder une aide supplémentaire et prendre en charge certains frais.

L’embauche se fait sous contrat de 12 à 24 mois, sur la durée du cycle de formation conduisant à la qualification. L’apprenti(e) bénéficie pour sa part d’une rémunération par l’entreprise sur un pourcentage du SMIC ou du minimum conventionnel de branche. Cette rémunération est variable selon l’âge et le diplôme (de 65% pour un étudiant en Bachelor de moins de 20 ans à 78% pour un étudiant entre 21 et 25 ans en Master 2). Suivant les conventions collectives dont dépendent les entreprises, les rémunérations peuvent être plus favorables.

Ses frais de formation sont aussi pris en charge par l’entreprise, ces derniers pouvant être financés en tout ou partie via la taxe d’apprentissage (quota et hors-quota).

Le contrat de professionnalisation

Destiné aux jeunes agés de 16 à 25 ans révolus en formation initiale ou aux demandeurs d’emploi de plus de 26 ans, le contrat de professionnalisation est un peu plus orienté et ouvre le recrutement d’étudiants de MSc, en plus du Bachelor et du Master. Il permet :

  • une exonération des indemnités de fin de contrat à durée déterminée.
  • de ne pas prendre en compte les titulaires des contrats de professionnalisation dans le calcul de l’effectif du personnel des entreprises.
  • Tout comme pour le contrat d’alternance, l’AGEFIPH offre des aides pour l’embauche d’une personne en situation de handicap.

Embauché(e) en contrat de 12 à 24 mois en fonction de la période d’action de professionnalisation, la rémunération de l’alternant(e) dépend uniquement de son âge quand il est entré dans l’enseignement supérieur : d’au moins 65% du SMIC pour les moins de 21 ans, elle passe à 80% du SMIC pour les étudiants âgés de 21 à 25 ans puis à au moins un SMIC ou 85% du salaire minimum de branche (s’il est plus favorable) pour les plus de 26 ans. Suivant les conventions collectives dont dépendent les entreprises, les rémunérations peuvent à nouveau être plus favorables.

L’entreprise contribue aux frais de formation de l’alternant, cette contribution pouvant être en tout ou par partie financée via l’OPCA de l’entreprise, le solde étant facturé.

Pour déterminer quel contrat est le plus avantageux dans votre cas, vous pouvez vous rendre sur ce simulateur

Il y a une vie après l’alternance !

Au-delà de la question du coût, ces deux contrats permettent essentiellement une gestion prévisionnelle des embauches et de sécurisation des recrutements. L’alternance est devenu un vrai dispositif de pré-recrutement qui permet donc d’apprécier un étudiant avant de le confirmer en CDI, une fois le diplôme obtenu. Et les chiffres ne mentent pas : selon « La grande consultation » menée en 2017 par CCI France, 86% des entreprises sont satisfaites par cette procédure d’embauche et 80% d’entre elles estiment qu’elle permet d’éviter les erreurs de recrutement.

Nos enquêtes d’insertion vont d’ailleurs dans ce sens : statistiquement les alternants trouvent plus rapidement un emploi suite à leur diplomation que les étudiants “classiques”, avec un salaire légèrement supérieur (expérience professionnelle oblige !).

Témoignages

“Nous avons toujours été dans une politique d’entreprise favorable à la formation par alternance, qui permet de former, confronter les jeunes aux réalités du métier et à les accompagner tout au long de la période passée au sein de l’entreprise.

Un alternant apporte la fraicheur et la motivation de la jeunesse, indispensable dans toute entreprise. L’alternance permet également de trouver ses futurs collaborateurs. Elle nous permet d’évaluer un jeune avant une éventuelle embauche. Chez Joubert, chaque alternant a un tuteur qui est en lien avec l’Ecole. Leur action est valorisée en interne. Pour les jeunes, c’est une vraie opportunité.”

Thomas Paillard, Directeur Général – Groupe Joubert


“L’alternance est une école d’exigence, une expérience riche en apprentissage réciproque. Elle permet aux jeunes de confronter des connaissances théoriques à la réalité des enjeux et métiers de l’entreprise et de les mettre en pratique instantanément dans des situations réelles.

Côté Limagrain, c’est une source de nouveaux talents, un élément dynamisant qui apporte un regard neuf sur nos métiers et notre entreprise.”

Agnès Mistretta, Directrice des Ressources Humaines – Groupe Limagrain

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