Lancement du MS GRH et innovation managériale, en présence de sa Marraine Fanny Agostini

Comme chaque année, la rentrée de la promo MS GRH rime avec conférence inaugurale, et ce mercredi 7 octobre nous avions la chance d’accueillir Fanny Agostini, journaliste engagée.

« Je suis venue pour vous refiler mon virus, et vous donner l’antidote qui va avec ! »

Marraine de la promotion 2021, Fanny Agostini a ouvert cette session en mettant en perspective le futur rôle de managers des étudiantes et étudiants présents, avec la nécessaire responsabilisation et action de chacun face au défi climatique.

« Je vais vous parler d’une maladie qui m’a gagnée il y a 2 ans : la solastalgie ! C’est un néologisme qui correspond à une douleur viscérale de voir le climat se dégrader, une forme de détresse psychologique. »

Après une présentation très concrète de la situation climatique sur la planète et des véritables enjeux auxquels nous sommes confrontés, elle insiste sur la mission qu’elle s’est donnée face à l’auditoire, « je ne suis pas venue pour plomber l’ambiance, mais pour vous refiler mon virus et vous fournir l’antidote qui va avec… »


Et l’antidote, pour Fanny, c’est l’action.

Car en effet aujourd’hui le mal qui ronge la plupart d’entre nous, c’est le déni.

« Oui il y a déni car c’est une sorte d’autodéfense. Pour ne pas affronter la réalité. Ne pas rentrer dans une dissonance cognitive : je mets un voile sur les conséquences de mon activité car j’ai un bon salaire et c’est trop compliqué d’envisager une autre voie. »

Pourtant, aujourd’hui, dans un monde où tout tourne rond (Van Gogh : la vie est probablement ronde), l’humain, lui a dérogé à cela et ne tourne plus rond !

Alors pour agir, Fanny Agostini s’est donné une mission d’information. « Pour moi le point d’origine a été ici, en Auvergne. Un grand père qui m’a rendue dès l’enfance poreuse à la beauté du monde… Plus tard, c’est en voyant se déliter ce que j’ai connu petite qu’un sentiment d’insurrection s’est développé en moi. »

Fanny était déterminée à essayer de faire quelque chose, et par le hasard des rencontres, après une prépa Sciences Po, un job d’été à France Bleu Pays d’Auvergne, elle part sur Paris avec la volonté de faire sa place dans un monde des médias qu’elle pourra utiliser comme une tribune.

« A l’époque on ne parlait pas d’écologie à ce point. Il a fallu du temps, de la pugnacité. En étant dans une ville, confrontée à des média-sceptiques. On me prenait pour quelqu’un qui avait une attitude monomaniaque. Il a fallu faire de la pédagogie. Et des rencontres d’expert m’ont permis de charpenter mes convictions. »

Avoir l’esprit pionnier !

Mais quelques années plus tard, à la télévision, pourtant extrêmement visible sur des émissions connues, Fanny fait le constat que pour agir comme elle l’entend, pour être efficace dans son action, et in fine pour trouver du sens, elle doit s’éloigner de ce monde.

« Avec mon mari nous avons décidé de monter notre fondation. Notre objectif ? Faire en sorte que nous -journalistes – ayons un socle de connaissances communes nous permettant de s’emparer sérieusement d’un sujet central.

J’ai co fondé la Climate Bootcamp qui rassemble des journalistes décideurs. Et on s’est donné pour mission de former ces journalistes décideurs.

J’ai la conviction que pour avancer, nous devons tous avoir la même information, le même langage, dans tous les corps de métiers. Et en formant et en informant, chacun d’entre nous peux agir dans son métier. »

Pour Fanny, nous sommes aujourd’hui sur une ligne de crête, nous devons faire le pari qu’il n’est pas trop tard. Réfléchir différemment, inventer de nouveaux modèles. En tant que futurs managers, nous devons comprendre que les métiers doivent être régénératifs.

Pour cela, il est important d’avoir l’esprit pionnier, de se dire que d’autres trajectoires sont possibles. Remodeler certaines activités, en arrêter d’autres, et, en tant que managers, se poser la question de l’utilité sociale de nos métiers !!  Il faut avoir un impact positif. C’est une façon de mieux vivre au quotidien et de se lever en étant dans le bon sens de l’histoire.

Fanny Agostini, par ce témoignage, est venue nous montrer un bel exemple de trajectoire, loin de la vie stressante qui lui était promise, mais portée par le sens et pour laquelle elle démultiplie son énergie et son action. Elle conclut par un message d’optimisme :

« Je comprends que des jeunes comme vous puissent avoir le sentiment d’être pris en étau. Mais osez, soyez des « crapauds fous », utilisez les outils d’aujourd’hui, soyez astucieux. Je crois fermement qu’il n’est pas trop tard, sinon je n’aurais pas fait le choix d’avoir un enfant »

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