L’ergonomie au chevet du management, le temps d’une conférence

Parce que le monde du travail et le management évoluent, l’Ecole intègre une part grandissante d’autres disciplines que les sciences de gestion dans ses enseignements. La conférence tenue le mardi 14 janvier par Pierre Falzon, professeur émérite du CNAM à Paris en ergonomie, en est un exemple puisqu’elle a permis d’apporter son regard d’expert sur les conditions de travail des managers et les « environnements capacitants ».

Pierre Falzon | ESC Clermont Business School

En introduction à sa conférence, Pierre Falzon a tout d’abord rappelé que l’ergonomie n’est pas la science « des tables et des chaises » ou de la « prévention des risques » mais plus généralement celle de la « santé cognitive et de la performance », rappel qui crée un lien direct avec le sujet du management et de sciences de gestion.

Historiquement « les ergonomes se sont plutôt intéressés aux conditions de travail que créaient les managers par rapport à leurs subordonnés » alors qu’analyser et améliorer les « conditions de travail des managers eux-mêmes est, pour les ergonomes, un nouveau champ d’études, encore balbutiant ». Si l’ergonomie n’apporte pas encore de réponses concrètes et systématiques pour mettre les managers en situation de réussite, elle s’accorde néanmoins sur un constat : entre théories enseignées et réalité des pratiques quotidiennes, il y a un fossé. Le travail du manager est, aujourd’hui, bien plus « désordonné et informel que dans les manuels », il apparait comme une suite continue de « tâches et activités fragmentées ».

D’où la proposition « qui n’est pas une prescription » de la part de l’ergonome pour penser les environnements des managers comme « capacitants, avec trois visées : préventive (éviter les effets délétères du travail), universelle (éviter l’exclusion liées au sexe, aux caractéristiques physiques, à l’âge, aux déficiences innées ou acquises) et développementale (permettre à chacun d’utiliser à plein ses capacités, favoriser la réussite, permettre d’apprendre) ».

En somme un « travail soutenable », un travail dans lequel « chacun peut s’exprimer et dispose d’une capacité d’agir, et ce qui est vrai pour les managers l’est pour l’ensemble des salariés ».  Cette idée rejoint un autre champ tout aussi présent dans le management d’aujourd’hui : celle de la gestion des ressources dans l’absolu. Tout se connecte… et reste à faire !

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