PEOPLE, contributeur du numéro spécial RIPCO sur l’Entreprise Libérée

Résumé d’articles d’enseignants-chercheurs de l’ESC Clermont sur l’entreprise libérée, publiés dans la revue RIPCO suite au colloque de l’équipe PEOPLE en juillet 2016.

RIPCO (Revue Internationale de Psychologie et de Gestion des Comportements Organisationnels) vient de publier un n° spécial dédié à l’Entreprise Libérée, dans lequel les travaux du colloque organisé en juillet 2016 par l’équipe PEOPLE (composée de Sophie Marmorat, Brigitte Nivet, Jean-Claude Casalegno, Diego Landivar) sont repris dans différents chapitres. En voici leur présentation ci-dessous.

 

  • Eprouver les entreprises libérées, Diego Landivar, Philippe Trouvé.

« Depuis quelques années, une nouvelle doctrine managériale a émergé dans les milieux professionnels et du consulting et, de façon moins évidente, dans les cénacles de la recherche académique, faisant des « entreprises libérées » (désormais « EL ») un nouveau modèle d’inspiration et d’action pour les dirigeants d’entreprise. Une expression qui exerce aujourd’hui un grand pouvoir d’attraction et qui, n’était-ce l’ambivalence fondatrice tant au plan étymologique qu’historique de la notion d’entreprises, aurait à première vue tout l’air d’un oxymore. »

 

  • L’entreprise libérée, une cité en quête d’un principe supérieur commun – Le cas de l’entreprise P, Sophie Marmorat, Brigitte Nivet.

« Le phénomène émergent de “l’entreprise libérée” semble séduire de plus en plus de dirigeants. Ces nouveaux modèles d’organisation interrogent notamment les formes de pouvoir traditionnelles et la place du management au sein des entreprises. Nombreuses sont aujourd’hui les expérimentations de transformation managériale en ce sens à travers le monde (Getz et Carney, 2009), pourtant encore trop peu d’analyses théoriques permettent de saisir cet objet polysémique aux frontières mal définies.
Cet article se propose justement de préciser les contours théoriques de l’entreprise libérée en mobilisant la sociologie des conventions (Boltanski et Thévenot, 1987, 1991). Pour ce faire, nous confrontons l’analyse d’un cas concret de transformation vers la libération – l’entreprise P – avec la proposition théorique des cités développée par ces auteurs. Plus précisément nous étudions dans quelle mesure l’entreprise libérée tend à se rapprocher ou, à l’inverse, à se distancier de certaines cités plutôt que d’autres. Les résultats de cette première étude exploratoire montrent qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle ontologie organisationnelle à part entière mais davantage d’un enchevêtrement entre les mondes « industriel » et « par projet » dans le cas de l’entreprise P. »

 

  • Quand des espaces potentiels de reliance disparaissent : le cas de l’intensification du travail, Jean-Claude Casalegno et Brigitte Nivet

« Le temps vécu par les acteurs peut paraitre anecdotique. Pourtant, en faisant preuve de « patience », c’est à travers lui que peut se révéler le Réel du travail. Les salariés le vivent dans leur subjectivité. Ils n’en sont bien sûr pas toujours conscients. Si la plupart des salariés dans une organisation ressentent de la souffrance, il ne s’agit pas seulement des conditions de travail dont il est question mais du Sens même de l’action collective. Cette souffrance parle aussi de la stratégie qu’ont choisie les dirigeants de l’entreprise. Si beaucoup d’efforts produisent peu de résultats, c’est que tout simplement l’entreprise n’a peut – être pas pris la bonne direction. L’écoute des salariés est donc une activité fondamentale du management stratégique. »

  • Les expériences de libération sous contrôle – Réflexions sur une nouvelle velléité de démocratie dans l’entreprise, Thibaud Brière.

« Le phénomène dit de la « libération d’entreprise » témoignerait d’une énième volonté de démocratisation des entreprises, s’inscrivant dans deux mouvements plus généraux, l’un de libéralisation, l’autre d’évolution de la démocratie vers des formes plus subtiles d’exercice du pouvoir, induisant dans nombre d’« entreprises libérées » une conception particulière de l’autonomie et du droit. Les nouvelles manières de manager, par orientation fine de la libre volonté des salariés, dont ces entreprises d’un nouveau type seraient le laboratoire, caractériseraient une forme émergente de démocratie, appelée « post-démocratie », dans laquelle les individus ne se trouvent libres de leurs actions que dans la limite autorisée par les dirigeants. »

  • L’entreprise libérée : une mythologie de contestation pour libérer l’imaginaire dans les organisations ?, Jean-Claude Casalegno

« Le modèle traditionnel de management impose aux acteurs des conditions d’existence particulièrement paradoxales. Pour s’en dégager, ceux – ci produisent des « utopies tapageuses » qui ont une fonction de contestation des modèles établis. C’est dans ce registre que semble s’inscrire le mouvement des entreprises libérées dont le discours enchanteur présente toutes les apparences d’une mythologie au sens de Barthes Comme toute mode, il faut l’apprécier avec respect et intelligence car elle annonce de nouvelles formes d’organisation et de management qui ne sont pas encore stabilisées. Le caractère soudain de son apparition laisse à penser qu’il s’agit d’une mythologie à « l’état d’explosion (Durand, 2016) ». Il témoigne de l’urgence à libérer l’imaginaire dans les organisations asséchées par des pratiques gestionnaires qui sont restées trop longtemps quanto – phréniques. Pour analyser ce phénomène qui annonce assurément des modèles plus démocratiques, l’auteur s’appuie principalement sur les apports de l’anthropologie de l’imaginaire de Gilbert Durand et sur la sémiologie de Julia Kristeva. »

  

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Pour en savoir plus sur les travaux PEOPLE, cliquez ici.

Pour fêter cela, une soirée de lancement est prévue dans le cadre de cette sortie de numéro spécial, le 12 Décembre 2017 à 19h.

Contact :  Marie.Harry-loriaux@esc-clermont.fr

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