Qu’est-ce que l’innovation ? – Regards d’Experts

Se poser la question de « qu’est-ce que l’innovation ? » c’est un peu comme s’attaquer à une grande question du type « qu’est-ce que la vie ? ». Donc, non, nous n’aurons pas la prétention de répondre une fois pour toutes à cette question… mais nous vous proposons de vous rapprocher de la vérité !

Regards d'Experts - Innovation - Groupe ESC Clermont

Comme son étymologie le signifie clairement, l’innovation est le fait d’introduire une nouvelle chose. C’est donc, avant tout, une question de renouvellement.

Dans le détail nous pouvons clairement identifier 2 types d’innovation : les radicales (l’électricité, la voiture, le smartphone…) et les… moins radicales avec une énorme zone grise dans laquelle on peut retrouver des formes de « disruptions » – avec un réel effet d’avant/après comme, par exemple, dire « prendre un taxi » en 2008 et « prendre un Uber » en 2018 – mais aussi tout ce qui relève de la logique d’amélioration, dans une certaine continuité. Comme, autre exemple, faire une fusée qui peut décoller et… atterrir, être réutilisable (SpaceX) !

Il faut bien aussi distinguer l’innovation de l’invention : généralement l’innovation est liée à un marché qui prend corps quand l’invention peut rester au fin fond d’un garage ou, au mieux, au concours Lépine. Et c’est sans même mentionner les projets qui s’autoproclament innovants, tout simplement parce qu’il s’agit là d’un argument marketing ou magique plutôt tendance (le mot « innovant » ayant remplacé le mot « nouveau », peut-être un peu trop usé).

Chacun voit l’innovation a sa porte

Nous le voyons bien, ce n’est pas tant la définition de l’innovation en soi qui est problématique mais plutôt la manière dont nous attribuons ce qui en est ou pas avec, toujours, une certaine part de subjectivité. Certains projets, par exemple, pourront être considérés innovants par des incubateurs ou des financeurs et pas par d’autres (et inversement).

C’est dans cette logique qu’il faut bien distinguer l’innovation strictement technologique de l’innovation dite de « nouvelle génération » : dans le premier cas c’est l’arrivée d’une nouvelle technologie qui prédétermine un business plan, des spécifications puis un produit ; dans le second c’est l’identification d’un problème client qui prédétermine un business model, le choix d’une technologie et enfin une valeur ajoutée. C’est, par exemple, sur ce type d’innovation que travaille l’incubateur SquareLab.

La fabrique de l’innovation

L’innovation a longtemps été cantonnée aux services de « recherche et développement » des entreprises, jusqu’à la montée en puissance du digital et un certain débridage (ou libéralisation) des marchés. L’innovation a toujours été identifiée comme un fort facteur de succès et/ou de conservation d’un avantage compétitif, c’est pour cela que l’on voit aujourd’hui des mastodontes investir largement – en milliards – dans leurs propres services. Et c’est sans compter sur les acquisitions de services émergents/concurrents qu’ils peuvent faire. Petit rappel, en guise d’exemple : entre 2016 et 2017 Google et Facebook auraient fait des propositions de rachat à Snapchat se situant entre 20 à 30 milliards de dollars. Propositions que Snapchat avait déclinées !

A noter : 37 entreprises françaises se situent dans le top 1000* des « plus innovantes au monde », mesuré à la hauteur des investissements en R&D. Alors que la tendance globale est celle de l’inflation des budgets, en France nous observons plutôt un repli, avec un cinquième d’investissements en moins entre 2016 et 2017 et 9 entreprises en moins dans ce top depuis 2014. Les leaders français en termes d’investissements s’appellent Sanofi, Renault, PSA, Total et Valéo.

En dehors de ces services dédiés « historiques », nous voyons de plus en plus apparaître des « innovation labs » : à la fois intégré et à la marge des entreprises qui les financent, ils ont la particularité d’appliquer des méthodologies spécifiques aux start-ups. Un peu à l’image des incubateurs mais avec un esprit « propriétaire ».

C’est, en tout cas, plutôt une constante que de trouver l’innovation « à la marge » du travail de l’entreprise. C’est un peu dans cette logique que Google, par exemple, demandait à ses employés de passer 80% de leur temps sur leurs missions et 20% à des projets de recherche ou personnels. Ce « 20 time » aurait même permis de faire émerger de nouveaux services aujourd’hui phares… Bref, l’innovation ça se travaille et ça se cultive, dans un espace à la fois un peu à part dans l’entreprise et en lien avec beaucoup d’autres (notamment la recherche et la formation) !

*Global Innovation 1000

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