Revue de dispositifs d’ouverture sociale et d’égalité des chances à l’ESC Clermont

Revue de dispositifs d’ouverture sociale et d’égalité des chances à l’ESC Clermont, par Marc-André Vilette, Enseignant-Chercheur en gestion des ressources humaines, depuis 2015 coordinateur de l’ouverture sociale et l’égalité des chances dans l’Ecole.

Mon rôle de coordinateur couvre, en fait, 4 missions distinctes mais dont le dénominateur commun est l’aspect « social ».

La première est une collaboration avec l’association nationale Article 1 (allusion à l’article premier de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui stipule que « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. ») Si leur candidature au mentorat est retenue, nos élèves issu·e·s de milieux populaires sont accompagné·e·s par un cadre d’entreprise (par exemple pour mieux connaître les codes du monde du travail, que leur milieu d’origine ne leur permet pas de bien appréhender). D’autre part, ces élèves peuvent participer chaque année à l’organisation d’événements : ciné-débat, étape clermontoise du Tour de France de l’affirmation de soi, de la Journée Mondiale de l’égalité des chances, tables rondes, conférences autour de grands témoins, c’est-à-dire des personnes « parties de loin », qui ne rentrent pas dans le schéma classique de reproduction sociale et qui ont réussi un parcours inspirant. Leur témoignage – et leur transmission — sont importants.

Le deuxième dispositif est celui des Cordées de la réussite, soutenu par le Rectorat et la Politique de Ville. Il met en relation des élèves de l’Ecole et des lycéens/collégiens également issus de milieux populaires, pour leur transmettre un message d’apparence simple : « l’Enseignement Supérieur leur est accessible ». Outre l’exemple que constituent les élèves tuteurs, ce passage de message se fait aussi à travers des activités partagées de découverte. Pour cela, nous les amenons par exemple, là où ils n’iraient pas spontanément – par des voyages culturels, nous sommes allés à Bilbao cette année, et à Amsterdam en 2017, mais également des sorties en France (Lyon en particulier). Nous leur faisons aussi visiter des entreprises du territoire, mais aussi, logiquement, des campus universitaires. Cette année, près d’une quarantaine de lycéens étaient dans le dispositif. C’est in fine, plutôt une question de culture et de codes qu’il faut démystifier. Par exemple nous nous sommes rendu compte ces dernières années qu’un des rendez-vous qui plaisait le plus était les concerts « Midnight Music » qu’organise l’Orchestre Auvergne. Le principe est de mettre les jeunes non pas en situation de spectateurs « classiques » à l’opéra mais de leur faire vivre des concerts de manière immersive, confortablement installés entre les musiciens – parfois dans des lieux insolites, comme la Coopérative de Mai.

Le troisième est ma participation à l’attribution des bourses de l’Ecole, allouées depuis 2016 avec la Fondation, la direction des études et des partenaires de l’Ecole (bancaires, en particulier). Nous avons « repensé » le dispositif d’attribution : à présent, nous avons un dossier de candidature très complet, pour que tout ne se joue pas principalement sur la déclaration de revenus, mais que l’on ait une vision plus fine. Nous nous posons ainsi la question de l’assiduité en cours, de l’investissement dans les associations, des résultats académiques, du comportement, de la motivation, de l’éloignement au domicile… L’aspect socio-économique reste le plus important mais nous sommes plus vigilants sur leur situation générale.

Dernière activité liée au rôle de coordinateur, je suis « Référent handicap élèves ». Cela consiste à recenser les étudiants en situation de handicap pour leur permettre de bénéficier de dispositifs adéquats. C’est une question très sensible car, étant en situation de handicap, la personne a souvent la crainte d’être catégorisée comme moins performante, d’être stigmatisée. C’est tellement complexe à gérer que l’on voit des élèves qui préfèrent ne pas être aidés. La plupart du temps, l’image que l’on a du handicap, c’est celle du fauteuil roulant – alors que ça ne représente qu’une petite minorité des cas (environ 4%). On pense beaucoup aux problématiques de « dys- » : dysgraphie, dyslexie, dysorthographie… D’ailleurs il faut savoir qu’on ne connait pas forcément la nature du handicap de l’étudiant, s’il n’en parle pas ouvertement. La reconnaissance officielle passe par une attestation de médecin du SSU (Service de Santé Universitaire) agréé par la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées), qui n’en précise pas la nature – conformément au secret médical. Il y a beaucoup à faire en termes de représentation : nous avons une liste officielle d’étudiants handicapés (une dizaine) mais on sait bien qu’en réalité, ils sont certainement plus nombreux à pouvoir rentrer dans ce cadre. Selon le groupe de travail sur le handicap de la CGE auquel je participe, on observe à peu près la même proportion que dans les autres Ecoles, soit environ 1%.

Et l’avenir ?

La question est de toucher toujours plus de gens dans chacun des dispositifs. Après, dans ce qui peut relever du champ de la RSE aujourd’hui, je vois d’autres questions, telles que la diversité. Il faudrait donc sans doute redéfinir de ce que recouvre aujourd’hui la RSE ici.

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